Le Blog des Champagnes Salon et Delamotte: décembre 2008 Archives

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Archives - décembre 2008

30/12/2008

Dîner au Crillon avec Salon 1988

Extrait des Carnets de François Audouze du 16/12/2008

www.academiedesvinsanciens.org

"J’invite mon épouse pour un dîner à deux au restaurant « Les Ambassadeurs » de l’hôtel de Crillon. La décoration de Noël dans le hall d’entrée est magnifique avec de beaux sapins teints d’or et de rouge sang. Dans le salon que l’on traverse avant l’entrée du restaurant, une phrase gravée dans la pierre me laisse chaque fois songeur : « pends-toi brave Crillon, nous avons combattu à Arques et tu n'y étais pas ». Cette lettre du roi Henri IV au lieutenant colonel général duc de Crillon de 1589 est à double sens et d’une cruauté accrue par l’amitié que l’on ressent. La mettre en évidence n’est pas si flatteur pour Crillon.

Nous sommes accueillis avec des sourires. Ma femme n’aimant pas trop le temps que je passe à étudier les cartes des vins, j’avais choisi avant qu’elle n’arrive un Champagne Salon 1988.

La salle est imposante, richement décorée et le service est imprégné par la solennité du lieu. On sent les réminiscences du passé du chef car les emprunts au style Ducasse sont nombreux. Le Salon 1988 que David Biraud me fait sentir est d’un parfum intense où l’on reconnait le miel et les fruits jaunes.

Les hors d’œuvres sont intitulés « sur l’idée d’un plateau télé… » Et se composent d’une salade de carottes râpées en limonade, d’un gâteau de foie blond selon Lucien Tendret version 2007, d’un cromesquis de brandade de morue, d’une variation croustillante d’un jambon/cornichon et d’un bonbon de beurre de truffe noire à tartiner. C’est joliment préparé, les goûts sont purs sans être agressifs. On sent la dextérité du chef qui s’expose sans ostentation. C’est sur la brandade de morue que le Salon s’excite le plus, lourd champagne vineux évoquant la mirabelle et le miel, avec un soupçon de brioche. Sa longueur est extrême.

David étant un sommelier que j’apprécie particulièrement, nous parlons des infimes différences de température qui changent le goût du champagne. Car la sensibilité du Salon à cette variable est extrême.

C’est amusant comme le subconscient travaille, car je commence à sentir dans le Salon de la truffe blanche alors que mon entrée n’est pas encore servie. Il s’agit de noix de Saint-Jacques  en « casse-croûte », potiron et truffe blanche d’Alba. La sauce est divine, et épouse le Salon. La truffe blanche fait un lien avec le champagne. Les goûts sont délicieux, et si l’on veut entrer dans le détail, on eût pu oublier la fine gaufrette qui fait casse-croûte.

On nous apporte en surprise un homard bleu, pommes de terre au sel fumé et d’autres crispy. Ce plat est divin, la chair du homard extrêmement typée étant accompagnée d’une sauce précise. Cette gastronomie de tradition est vraiment parfaite. Le Salon est à l’aise sur la chair du homard.

J’ai choisi le lièvre de Sologne à la Royale et les pâtes à la châtaigne. C’est un lièvre à la Royale d’un beau classicisme et d’un goût rassurant : on se sent bien. Je constate avec plaisir que le Salon 1988 sait s’adapter à cette forte préparation. Sa flexibilité est définitivement prouvée. C’est un grand 1988, qui s’épanouit encore dans sa maturité.

L’heure est aux mignardises. Ma femme me regarde et me dit : « je ne t’ai jamais vu faire une bouche pareille ». Je suis en effet tétanisé, car au sein de ces petites gâteries, il y a des Chamonix à l’orange amère, sortes de madeleines au sucre glacé en trace et au goût d’orange amère, qui forment avec le Salon qui a perdu un peu de sa bulle et s’est réchauffé dans le verre un accord inimaginable. C’est tellement diabolique que cet accord a déformé mon visage. David en sourit.

Nous avons passé une agréable soirée, dans un lieu prestigieux, avec un service parfait qu’on aimerait bien débrider un peu pour secouer la solennité. Mais est-ce opportun ? David aura été un compagnon de route parfait, le chef a montré la maturité de son talent sur des recettes solides et sereines. Ce fut une soirée harmonieuse."

23/12/2008

Alba s'invite chez Salon

Il y a une expression à la mode de nos aïeux qui me fait sourire car elle revient si souvent : « Il n’y a plus de saisons! ». Qu’importe, car à mes yeux l'année ne se résume plus qu’en deux saisons : celle des asperges et celle des champignons.
A l’approche de l’hiver, ses sports et ses festivités me dépassent un peu, je n’ai toujours qu’une chose en tête et c'est les champignons.

La Champagne est propice aux spores et on aime à pratiquer la mycologie gourmande dans les environs. Plusieurs de nos camarades du Mesnil ont des chasses bien gardées et je tente régulièrement de les convaincre de partager leur butin alléchant, en vain !
Si les champignons sont beaux, nous n’avons peu la culture de la truffe en Champagne ; pourtant nos vins s’y pretent si bien ! Si on voit rarement celles de Bourgogne et du Périgord, plus rares sont celles d'Alba, ce Tuber Magnatum, le Grand, le Puissant.

La saison des truffes blanches d’Alba commence dès fin octobre, mais il se dit qu’elle est au meilleur après un bon coup de froid qui donne des truffes plus dures qu'au mois de novembre.
Notre cher ami Giacolino Gillardi, importateur de nos vins, distributeur et également vigneron dans le Langhe ne vient jamais au Mesnil les mains vides. Nous avons profité de sa présence et de celle du nouveau Préfet régional avec sa femme et son fils, qui est par ailleurs un ami, pour faire une petite soirée en toute simplicité autour de la table à la maison Salon. Le trésor d'Alba gracieusement soutenu par la cuisine de Cédric et Stéphanie Boulhaut du restaurant éponyme du village.

Après l’apéritif au Delamotte Blanc de Blancs accompagné de quelques tuiles au parmesan délicieuses nous nous sommes mis à table avec des clams en coquille sur un beurre au curry doux et léger. Nous avons fait un choix de vins anachronique en imposant un Salon 1988 à ce plat riche en texture et arômes. L’accord est satisfaisant, mais pas transcendant. En revanche, ce choix de vin bénéficie au plat suivant, une brouillade d’œufs recouverte d’une épaisse couche de lamelles de truffe d’Alba. Le ’88 a pris son temps pour respirer et il s’entremêle sensuellement avec les arômes embaumant de la truffe ; l’accord est presque décadent et provoque un semblant d’émotion de culpabilité à savourer quelque chose de si bon. Giacolino a également apporté un Barolo Bricco Rocche 1999 de Ceretto et c’est un trio de charme Truffe, Champagne, Barolo.


Giacolino au travail.

Pour résister, Cédric a joué la sobriété d’un bar aux blettes laissant place au troisième vin, un Salon 1997 qui surprend par sa jeunesse au départ, mais qui se marie parfaitement à l’élégance du plat. Le ’97 est posé et droit, vin et met trouvent leur harmonie.
Trois vins à table, l’arôme de truffe qui envahit la pièce et des discussions qui dérivent sur plusieurs sujets. Au dessert nous avions choisi le Delamotte Rosé, mais suite à quelques échanges sur les millésimes des années soixante-dix et en vue de la suite en cuisine nous optons pour un Salon 1976, dégorgement initial et vieilli sur liège depuis près de vingt ans. Le dessert est un financier merveilleux qui soutient une couche de poires rôties en cube façon duxelle ; il n’y a rien à ajouter, rien à supprimer, la bouteille est en condition parfaite et l’accord est tout simplement symbiotique.

Une vraie partie de plaisir et encore un exemple qui confirme que le Blanc de Blancs à maturité est un accord parfait pour la truffe blanche dans tous ses états.


L'équipe de la soirée

 

10/12/2008

Secrets de Domaines - Vins rares & flacons d'exception à la Grande Epicerie de Paris

 

 

Depuis plusieurs semaines, l'une des plus belles caves parisiennes, la Grande Epiecrie de Paris a rassemblé le coeur de son oenothèque pour le plus grand plaisir des amateurs de flacons rares. La collection  comprend exclusivement les plus beaux millésimes de grands domaines français... embouteillés en magnum. Parmi eux, Château Latour, Domaine des Comtes Lafon, Domaine Mathilde et Yves Gangloff, Didier Dauenau, Domaine Clos Rougeard et quelques magnums de Salon aussi rares que somptueux...

Eblouissant

Ce champagne est exceptionnel à double titre : contrairement à la tradition, il est issu d'un seul cépage, le chardonnay, cultivé sur six petites parcelles disséminées sur le vignoble roi du Mesnil-sur-Oger. Il est né du désir d'un homme, Aimé Salon, industriel raffiné qui voyageait toujours avec son champagne, jusqu'à ce que des amis l'encouragent à le commercialiser. Ce qu'il fit avec parcimonie. En un siècle, cette maison n'a livré que trente sept millésimes, soit uniquement ceux qu'elle estime dignes. On le boit lentement, ébloui par sa finesse, son élégance et sa grâce.

 Millésimes 1976 magnum : cinq mille neuf cent quatre-vingts euros

Millésime 1983 magnum : deux mille neuf cent dix euros

Millésime 1990 magnum : deux mille neuf cent dix euros

Millésime 1995 magnum : deux mille deux cent trente euros

Millésime 1996 magnum : mille cinq cent cinquante euros

 

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