Les sacrifices du vin - Un Salon 1951 (Le Blog des Champagnes Salon et Delamotte)

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Les sacrifices du vin - Un Salon 1951

1966 marque le premier millésime de Salon qui a reçu une capsule couronne métallique pour fermer la bouteille lors de la prise de mousse et le temps sur lattes. Les vins de notre petite œnothèque sont stockés sur pointes, soit remués mais non dégorgés.

Avant 1966 les bouteilles portent le traditionnel bouchon de liège avec une grande agrafe métallique, plus aléatoire au temps. C’est le cas pour les millésimes des années 50 : 1951, 1953, 1955, 1956 et 1959. Ces bouteilles subissent les aléas de la forme de bouteille souvent irrégulière de l’époque (ce qui complique le très rare rebouchage), la fuite du vin à travers ce matériau organique qui ferme la bouteille en verre, et une grande difficulté à dégorger car il faut tirer le bouchon dans le geste du dégorgement à la volée et espérer que le liège reste intacte dans un milieu moins gazeux que les jeunes vins !

Cela fait partie des risques et il y a une grande part de perte des anciennes bouteilles de la cave, une sorte de part des anges, mais qui ne s’envole pas vers les cieux !

En effet, nous avons raté un dégorgement cette semaine, un Salon 1951 resté entre nos mains, dégorgé mais avec les levures mortes encore dans la bouteille ; mais cela ne nous empêche pas de découvrir une telle bouteille. Après 12 heures de « débourbage » des lies en bouteille on s’est servi un verre clarifié de ce vin soufrant, et suite au premier verre je pensais nécessaire de partager cette dégustation particulière, le verre posé devant nous sur le bureau.

Salon 1951, dégorgé mercredi 26 novembre 2008 :

La couleur est étonnante, d’une paille vive avec des reflets verts. Oui verts.

Le premier nez est très herbacé au début, herbe coupée accompagnée d’une teinte de fino vieux. Il s’ouvre sur le citron confit, l’iode, la pierre à fusil et la torréfaction après quelques minutes.

Pressé, on apporte rapidement le vin à la bouche. Une effervescence peu présente mais ferme ; le citron confit revient au galop accompagné d’orange, ça donne de la rondeur tel un limoncello de l’arrière pays piémontais ; fleur de sel et fève de cacao viennent par la suite, rappelant la torréfaction du café sans excès. La finale combine tous ces arômes avec des effluves salins et crayeux.

En résumé, la présence de la levure morte ne se ressent pas et cette superbe bouteille se montre très vive, sans être non plus réduite, du bonheur !

 

ENGLISH
1966 marked the vintage that Salon started using metallic crown caps to close bottles during the second fermentation and ageing on the lees.  The bottles in our quaint oenotheque are stored “sur pointes”, meaning they are riddled but not disgorged.

Before 1966 all vintages were bottled with natural cork with a large staple over the head to hold the closure down; which has proven to be a less secure closure over time. This was the case for all the vintages of the 50’s: 1951, 1953, 1955, 1956 and 1959. These vintages are sometimes affected by irregular bottle shape at the time (which becomes problematic for corking), bottle leaks through the organic matter that closes the bottle, and of course the difficulty in disgorging a wine by hand as we have to pull out the cork during the movement of disgorgement and hope that the ever reduced effervescence expels the lees from the bottle neck.

This is part of the risks in keeping older wines, in some sense an angel’s share of the oenotheque, but that never reaches the heavens!

This week we witnessed this problem. One bottle of Salon 1951 was disgorged, and the lees stayed inside the bottle. The bottle was left to settle for 12 hours, so that the lees fell to the bottom. One glass served for our curiosity, I thought necessary to share such a tasting, glass in hand.

Salon 1951, disgorged Wednesday November 26th 2008:

The colour is surprising, bright straw with hues of green. Yes, green!

At first the nose is herbaceous, freshly cut grass and notes of old fino sherry. It opens over a few minutes only, lemon confit, gun powder and iodized and torrefied notes.

A bit impatient to taste, the wine approaches the lips. The effervescence is subtle but firm; the lemon confit reappears accompanied by fellow oranges giving a harmony reminiscent of that homemade Limoncello from the Piemontese countryside. Fleur de sel and cacao beans follow, alluding to a delicate aroma of coffee. The finish combines all, married by a distinctive saline and chalky character.

In sum, the lees did not bother the tasting and this superb bottle shows all its vivaciousness, without being over reductive. Beautiful!


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