Extrait du bulletin 123 de François Audouze
Le 30 décembre 2006
Le soir, quelques fines lamelles de poutargue pour se préparer la bouche, et j'ouvre un magnum de Salon 1995. Ouvrir un magnum de Salon est quelque chose qui ne me laisse pas indifférent. [...] Un magnum est donc aussi émouvant que la pièce rare d'un collectionneur de timbres, qui la prend en main avec les plus grandes précautions. Nous commençons le dîner avec une soupe épaisse de lentilles où baignent de larges copeaux de truffe blanche. Et l'accord est subtil avec ce champagne très droit, direct, vineux, pur, tranchant. Vient ensuite un classique de mon épouse, adopté d'une recette du prince de la truffe, Bruno, la pomme de terre à la crème, couverte de truffes noires en lamelles. Le goût de ce plat est un hommage à la melanosporum. Et le champagne Salon chante à son contact, permettant à la truffe de prolonger sa trace en bouche à l'infini.
Ce Salon 1995 a encore de belles années devant lui pour s'arrondir et se typer. Il est encore dans une phase "d'apprentissage" de satrace dans l'histoire. De petites mignardises permirent de finir (presque) le magnum qui est décidément un format idéal pour savourer un champagne.
Le réveillon qui commence ne peut pas ignorerque notre ami a apporté une montagne de caviar beluga royal. Le reste du magnum de Salon 1995 permet de se préparer la bouche. La bulle n'a pas survécu mais le goût est intense. Quand arrive le champagne Salon 1969, nous prenons conscience que nous grimpons de plus de trois étages avec ce vin exceptionnel. Le caviar est mangé pur à la cuiller. Pour certains c'est de la crème ou du pain beurre qui s'ajoute. Mais tout le monde revient forcément au caviar pur sur le Salon 1969 à la noblesse imposante. Le caviar est seigneurial. Sa salinité est d'une exactitude unique. Le Salon est vineux et sait résister à l'hypnotisme du caviar.
Pour accéder au blog de François Audouze, cliquez ici

