Salon 1997 à l'Honneur au Chateau des Crayères
Avis aux Amateurs!
Salon 1997 est à l'honneur au Chateau des Crayères, proposé à la coupe jusqu'au 31 Juillet.
Géré et animé par les équipes des Maisons Salon et Delamotte, ce blog est pour vous l'opportunité d'une relation directe. Alors n'hésitez pas à nous faire partager vos commentaires, vos expériences de dégustation de Salon et de Delamotte.
Avis aux Amateurs!
Salon 1997 est à l'honneur au Chateau des Crayères, proposé à la coupe jusqu'au 31 Juillet.
Delamotte c'est le champagne des Champenois. De ceux qui estiment à juste titre qu'une bonne maison se reconnaît d'abord à la qualité de ses cuvées de base.
De Reims à Epernay, l'étiquette est porteuse de l'éthique de l'appellation d'origine, chaque marque ayant bâti son identité et sa réputation sur un style de vin qui lui est propre.
Un principe sur lequel Delamotte ne transige jamais. Fondée en 1760, cette maison du Mesnil-sur-Oger, au coeur de la Côte des Blancs, fut rachetée par Laurent Perrier en 1989. Dirigée par Didier Depond, gardien des valeurs que lui a inculquées Bernard de Nonancourt, Delamotte est liée à Salon, institution champenoise de grand renom dont les vins mythiques ne sortent qu'une trentaine de fois par siècle.
Salon-Delamotte est un duo porteur d'une tradition et d'un savoir-faire perpétués par Michel Fauconnet, chef de cave, et inscrits dans ce que la Côte des Blancs a de plus emblématique, le cépage chardonnay, jamais aussi heureux que sur ces marnes crayeuses du crétacé supérieur que les dinosaures foulèrent il y a 75 millions d'années.
C'est dans cette craie du campanien d'un blanc immaculé, très calcaire et pure, poreuse et tendre, que la vigne plonge ses racines afin de donner sa minéralité au vin, mais aussi dans laquelle sont creusées les caves où murissent en paix les precieux flacons de champagne.
Du vin blanc issu de raisins blancs, plantés dans un sol blanc où il est ensuite conservé.
Tel est le secret du blanc de blancs dont Delamotte prone haut les vertus et la couleur. Avec sa mousse crémante, son nez volage, sa robe limpide et sa bouche vivace, le blanc de blancs sans année offre toute la finesse d'un champagne en dentelle, rafraîchissant, rond délicat et gracieux. Des bulles de craie et de coeur, à faire pétiller pour elles-mêmes si l'on veut savourer l'âme solitaire, mais qui peuvent aussi donner la réplique aux mets les plus raffinés, soit sur un turbot grillé hollandaise, soit sur un homard à la nage, soit sur une volaille de Bresse rôtie, voire sur un brillat-savarin onctueux et sensuel.
Marianne hors série juin juillet 2009.
La glycine devant nos bureaux a très bien fleuri, et l'odeur infeste l'entrée tous les matins!
Le printemps est bien entamé, les premières feuilles sont sorties, la sève montée, les premières dégustations d'assemblage de la vendange 2008 ont commencé. Avec l'hiver joliment froid on a pu tailler tard profitant mieux des pleures, mais ces beaux jours sont arrivés très vite derrière et il n'y a finalement pas de repos entre la taille et les premiers liages.
Ce n'est pas de cela qu'on va parler ici, mais d'un tout autre événement du printemps, une dégustation très particulière de vignerons de Champagne, une dégusation qui parle du Champagne au pluriel!
Il y a plus de 20,000 récoltants en Champagne (vignerons et maisons) et les vignerons possèdent près de 90% de la surface totale plantée en vignes. En revanche, il y a environ 4500 vignerons seulement qui produisent leur propre vin, représentant à peine 25% des bouteilles de Champagne vendues.
Alors il faut encourager ces vignerons à prendre le pas, améliorer la tenue des vignes, et tout simplement profiter d'une croissance de la qualité des vins de Champagne.
Je ne vais pas vous conter cette dégustation sur ce blog, car d'autres l'ont déjà fait cette semaine, mais je vous invite à lire l'article de Peter Liem qui fait le tour du sujet, et vous invite vivement à y participer pour le millésime 2009 car ce petit groupe extrêmement dynamique occupe, avec d'autres, une place importante dans l'avenir de notre belle appellation. La dégustation s'est déroulée lundi dernier à Aÿ, et on a même pris le temps de choisir un jour Fleur.
ENGLISH
Spring is well underway, the first leaves have appeared, the sap has risen and our initial blending exercices for 2008 have started. Thanks to a wonderfully cold winter, it was easier to prune late and benefit from the rising sap and its cleansing process of the vine, but the sun has quickly taken over and the temperatures are high, which hasn't left much time to rest in preparation of the growing season.
But this is not what we're going to talk about in this note, it seems necessary to mention another Spring event, a particular champagne grower tasting that took place this week, a tasting that speaks of Champagne in the pural form!
There are 20,000 vineyard owners in Champagne (Growers and Houses) and the growers represent around 90% of the total surface under vine. On the other hand, there are only around 4,500 growers in the region who produce their own wine, and the total of their production represents less than 25% of the total sales of Champagne.
It is important to encourage growers to take the final step into Champagne production, as this positively effects vineyard management, and logically the general quality of the region's wines.
I am not going to elaborate more on the tasting itself, for many have written well, and objectively on the subject already so I offer a link to Peter Liem's article, and invite anyone who is interested to participate in the second edition of this tasting in 2009. This small yet extremely dynamic group of producers plays, with others, an important role in the future of our beautiful appellation.
The tasting took place this Monday in Aÿ, even the date was well chosen, on a Flower day.
Un Delamotte Blanc de Blancs servi en magnum a su s'adapter aux snacks différents et variés en amuse bouche à ce joli dîner catalan.
Nous avons tenté de traduire la version catalane des snacks, pas toujours évident!
Repas du 26 Fevirer 2009, organisé par Vila Viniteca,
au restaurant El Celler de Can Roca, Girona.
Vins servis au cours du Repas :
Snacks
Menu
record d'una poma de "relleno."
Un mar i muntanya
La cuina a baixa temperatura. Precisio en els temps. Una "coca de vidre".
Postres
Gelat de recuit, mousse de mato, dolç de llet i coto de sucre amb pols de iogurt.
La tendresa, un estat d'ànim. La guaiaba, un contrapunt rebel.
La blogosphère est remplit d'informations et d'appréciations du Champagne ; par nous producteurs, amateurs, journalistes, blogs affiliés aux webzines etc. Comme beaucoup de données circulant sur internet, la véracité des informations est souvent cohérente, le contenu parfois passionnant et les sources parfois mal vérifiées.
Aujourd'hui il est plaisant, et rare, de trouver des informations de sources sûres, exactes, nouvelles et assez exhaustives. En matière de Champagne les livres de Tom Stevenson et Richard Juhlin remplissaient ces critères, mais cela reste au stade du papier, du figé dans le temps.
Peter Liem est un journaliste/bloggeur/passionné rigoureux de Champagne qui vit acteullement dans la région. Depuis cette semaine vous trouverez alors en plus de son blog, son nouveau guide de Champagne 100% virtuel, évolutif et frais qui traite pour l'instant d'analyser une centaine de producteurs champenois, maisons et vignerons ; informations et images de première main !
The 'blogosphere' is full of information about Champagne; given by us producers, journalists, aficionados, webzines etc. Much like the rest of the information that circulates on the web, the exactitude of this information is often coherent, the content sometimes interesting and the sources not always verified.
In this day and age it is pleasant, and rare, to find well-sourced, comprehensive and new information all in one. In the matter of Champagne, Richard Juhlin's and Tom Stevenson's books reach this criteria, but they remain in the age of paper, frozen in time until the next edition.
Peter Liem is a rigorous journalist/blogger/aficionado of Champagne who has the advantage of living in the region. This week marks the release of his Champagne Guide, a welcome addition to the popular blog that he has been nourishing for the past few years. The guide is 100% web-based and constantly evolving, a fresh analysis of around a growing number of Champagne producers, houses and vignerons; first hand information and images!
And of course, to lubricate your information addiction, here are a few extracts from his comments :

On Delamotte : "It hardly surprises me that Japan is Delamotte's largest market, as there's something about the delicacy of these champagnes that seems to echo a traditional Japanese aesthetic. These are quiet, discreet wines, focusing more on subtlety and finesse than on power, and should be paired with cuisines that complement these sensibilities. Delamotte's wines are very slow to unwind, and tend to show best with a great deal of aging after disgorgement--the more the better. "
On Delamotte Rosé : "Rating: *(*)
Based on the 2004 harvest, this is 80 percent pinot noir from Ambonnay, Bouzy and Tours-sur-Marne, made as a saignée, and 20 percent of chardonnay from Le Mesnil. It's an intriguing counterpart to Delamotte's Brut--where the Brut feels like a chardonnay that's concealing a hidden core of pinot noir, the rosé feels like a pinot noir that's concealing a core of chardonnay. There's a subtle intensity of red fruit that builds slowly and discreetly on the palate, complemented by a silky texture and tethered by firm but not intrusive acidity. It finishes with a pleasant hint of phenolic bitterness that reminds you it was made by maceration, and the aromas linger on the finish with quiet, fragrant length. This is a wine that's easily missed--it's not a wine for blind tastings or for competitive analysis, but rather one suited to a serene, contemplative environment, paired with food of equal clarity and refinement. As is often the case with Delamotte's champagnes, I picture the perfect setting to be somewhere in Kyoto, as an accompaniment to kaiseki cuisine. Last tasted: 2/09"
On Salon : "As much as I admire Salon, I'll admit that I was slightly puzzled by the recent releases of 1990, 1995 and 1996. It's not that they were lacking in quality (the 1996, in particular, stands out in that trio), but I found their characters to be markedly different from the classical Salon style. It may be due to the vintages involved, as all three years share a certain muscularity and amplitude, which are not traits normally associated with Salon. However, even Salons from warm vintages in the past, such as 1982 or 1969, retain a prominent elegance and lacy finesse, and it will be intriguing to see how this trio of vintages from the 1990s develops with time. It may simply be that these vintages are unusually muscular and brash in their youth, and not a function of any changes on the part of the house, especially as the 1997 seems to resemble more the great vintages of the 1980s."
On Salon 1997 : "Rating: ***
The 1997 Salon has been strikingly compelling from the moment it was released, which is not to say that it isn't in need of further development to reveal its true complexity and depth, but rather that it demonstrates a balance, elegance and subtlety of character that is quintessentially Salon. [...] On my most recent tasting of this wine, in January of 2009, it seemed slightly creamier and more voluptuous in texture than previous bottles I've experienced, yet still bound by a rigid, almost severe expression of chalky minerality, along with a remarkably firm acidic structure for the vintage that gives it tension, detail and length. It shows a rich depth of aroma on the palate, ranging from fresh apple to stone fruit and even exotic citrus aromas, but these are ultimately dominated by the intense character of the Mesnil terroir. This is surely one of the finest champagnes of the vintage, and terrifically youthful for a 1997 as well. I continue to think that this feels much more classical than the previous three releases of Salon, and I hope to be able to see it develop over the next decade or even further. Last tasted: 1/09"
Nous ne pouvons pas nous empêcher de partager encore avec vous les commentaires de François Audouze sur un Salon 1959 sur une belle table chinoise :
Un extrait du récit du 113ème Wine-Dinner, à Pékin.
Le Chablisien et l’Auxerrois ne sont pas très loin du Mesnil, et il y a beaucoup de points communs. Déjà, pour ce qui est des vins blancs on peut remarquer une similitude certaine de la qualité des millésimes avec la Côte de Blancs champenoise, qui est non sans rappeler les futures millésimes de Salon : 1999, 2002, 2004 et 2006, même si Mère Nature est plus indulgente avec ces voisins en 2000 et en 2005.
Une appellation qui reste relativement discrète sur la scène oeno-touristique, le petit village d’Irancy rassemble une poignée d’irréductibles viticulteurs travaillant un cirque de vignes et des coteaux sud face à l’Yonne. Ce terroir comporte principalement du Pinot Noir occasionnellement accompagné de César (pas celui qui a tenté en vain de conquérir notre village gaulois préféré, mais le cépage) et représente au total 160 hectares. C'est l’appellation communale rouge la plus septentrionale de la région.
En dehors du vin, Irancy est également reconnu pour être le lieu de naissance d’un grand architecte français Jacques-Germain Soufflot qui y est né début 18ème et qui a réalisé entre autres le Panthéon à Paris. La rue principale et l’unique bistrot du village portent d’ailleurs sont nom.
C’est justement de ce bistrot que s’agit cet article. Passage obligatoire pour le café et la baguette du matin, la mousse de 11h00, l’apéritif du soir et pourquoi pas un plat du jour, aujourd’hui de plus en plus de cafés de village ont du mal à maintenir leur place centrale dans la vie rurale ; Le Soufflot est une grande exception.
Depuis maintenant plus de deux ans il est géré par Fabien España, natif du village tout en haut de ses vingt ans. Le bistrot était déjà bien fréquenté auparavant, aujourd’hui il attire la curiosité des alentours et pour de très bonnes raisons. Passionné et professionnel, Fabien propose une carte des vins et une carte de mets à faire rougir bien des parisiens "bistronomes", tant au niveau du choix, de la qualité et des prix !
Son chef de cuisine, deux fois son ainé, est un ancien de chez Ledoyen à Paris, heureux je pense, de trouver un jeune qui le laisse s’exprimer en cuisine, sans faire ni des raccourcis ni trop de paillettes. On y mange bien, original et souvent local : Escargots, St Jacques à la truffe de Bourgogne, oeufs meurette, saumon fumé sur place... Sobre et très bien executé.

Fabien se surpasse encore au niveau de sa carte des vins. On y trouve presque toutes les références du village, Cantin, Colinot, Verret, Bienvenu, Podor etc. c’est evident, mais aussi quelques millésimes mûrs de la région qui incluent une belle sélection du Chablisien (Raveneau, V. Dauvissat, Moreau-Naudet). Sa passion pour les vins sérieux est troublante à son jeune âge ; ne soyez donc pas surpris si vous y voyez du Clos Rougeard, du Dagueneau, quelques grands crus bourguignons bien dénichés et autres passions du moment; encore une fois à des tarifs qui nous rendent l’envie de bien boire au restaurant.
Nous y avons mangé ce week-end profitant de la St Vincent tournante de la région et si je vous laisse la surprise de découvrir de vos propres yeux la cuisine du bistrot, je vous affiche ci-contre les deux beaux vins partagés à cette occasion; les Preuses de Vincent Dauvissat et son Irancy 2004, une réussite formidable.
Alors bien sûr cet article ne vient pas sans objectif bassement promotionnel, le Soufflot présente également des champagnes dignes, Champagne Delamotte Brut et Champagne Salon 1997 !
Click below for the rest of the english version....
The viticultural regions of the Chablisien and the Auxerrois are close to Le Mesnil, and this northern part of Burgundy has many common points with our Côte des Blancs in Champagne. For one, you can see clear similarities in the style of the Chablisien vintages which resemble those of Champagne Salon : 1999, 2002, 2004 and 2006; although there are a few other good vintages in the Chablisien where Mother Nature showed more grace (2000, 2005).
Didier Depond a trouvé bon d'apporter un soutien pétillant à une verticale de 10 millésimes de Château Palmer, avec Thomas Duroux et Bernard de Laage de Meux du Château, Jacques Dupont du magazine Le Point, Georges Lepré, Eric Beaumard du restaurant "Cinq" du Georges V et l'hôte Philippe Bourguignon, chef d'orchestre au restaurant Laurent à Paris.
Un déjeuner fut précédé de Champagne Delamotte Blanc de Blancs 1999 et Champagne Salon 1997, marquant le mi-temps entre la verticale et un joli déjeuner détaillé ci-dessous :
Château Palmer 1989 - Palette de légumes raves relevés d'huiles aromatiques et épicées
Château Palmer 1971 - "Fregola sarda" truffé et "sot-l'y-laisse" à la crème de parmesan
Château Palmer 1957 en magnum - Carré d'agneau de lait des Pyrénées grilloté, artichauts farcis et pommes soufflées au caviar d'aubergines
Extrait des Carnets de François Audouze du 16/12/2008
www.academiedesvinsanciens.org
"J’invite mon épouse pour un dîner à deux au restaurant « Les Ambassadeurs » de l’hôtel de Crillon. La décoration de Noël dans le hall d’entrée est magnifique avec de beaux sapins teints d’or et de rouge sang. Dans le salon que l’on traverse avant l’entrée du restaurant, une phrase gravée dans la pierre me laisse chaque fois songeur : « pends-toi brave Crillon, nous avons combattu à Arques et tu n'y étais pas ». Cette lettre du roi Henri IV au lieutenant colonel général duc de Crillon de 1589 est à double sens et d’une cruauté accrue par l’amitié que l’on ressent. La mettre en évidence n’est pas si flatteur pour Crillon.
Nous sommes accueillis avec des sourires. Ma femme n’aimant pas trop le temps que je passe à étudier les cartes des vins, j’avais choisi avant qu’elle n’arrive un Champagne Salon 1988.
La salle est imposante, richement décorée et le service est imprégné par la solennité du lieu. On sent les réminiscences du passé du chef car les emprunts au style Ducasse sont nombreux. Le Salon 1988 que David Biraud me fait sentir est d’un parfum intense où l’on reconnait le miel et les fruits jaunes.
Les hors d’œuvres sont intitulés « sur l’idée d’un plateau télé… » Et se composent d’une salade de carottes râpées en limonade, d’un gâteau de foie blond selon Lucien Tendret version 2007, d’un cromesquis de brandade de morue, d’une variation croustillante d’un jambon/cornichon et d’un bonbon de beurre de truffe noire à tartiner. C’est joliment préparé, les goûts sont purs sans être agressifs. On sent la dextérité du chef qui s’expose sans ostentation. C’est sur la brandade de morue que le Salon s’excite le plus, lourd champagne vineux évoquant la mirabelle et le miel, avec un soupçon de brioche. Sa longueur est extrême.
David étant un sommelier que j’apprécie particulièrement, nous parlons des infimes différences de température qui changent le goût du champagne. Car la sensibilité du Salon à cette variable est extrême.
C’est amusant comme le subconscient travaille, car je commence à sentir dans le Salon de la truffe blanche alors que mon entrée n’est pas encore servie. Il s’agit de noix de Saint-Jacques en « casse-croûte », potiron et truffe blanche d’Alba. La sauce est divine, et épouse le Salon. La truffe blanche fait un lien avec le champagne. Les goûts sont délicieux, et si l’on veut entrer dans le détail, on eût pu oublier la fine gaufrette qui fait casse-croûte.
On nous apporte en surprise un homard bleu, pommes de terre au sel fumé et d’autres crispy. Ce plat est divin, la chair du homard extrêmement typée étant accompagnée d’une sauce précise. Cette gastronomie de tradition est vraiment parfaite. Le Salon est à l’aise sur la chair du homard.
J’ai choisi le lièvre de Sologne à la Royale et les pâtes à la châtaigne. C’est un lièvre à la Royale d’un beau classicisme et d’un goût rassurant : on se sent bien. Je constate avec plaisir que le Salon 1988 sait s’adapter à cette forte préparation. Sa flexibilité est définitivement prouvée. C’est un grand 1988, qui s’épanouit encore dans sa maturité.
L’heure est aux mignardises. Ma femme me regarde et me dit : « je ne t’ai jamais vu faire une bouche pareille ». Je suis en effet tétanisé, car au sein de ces petites gâteries, il y a des Chamonix à l’orange amère, sortes de madeleines au sucre glacé en trace et au goût d’orange amère, qui forment avec le Salon qui a perdu un peu de sa bulle et s’est réchauffé dans le verre un accord inimaginable. C’est tellement diabolique que cet accord a déformé mon visage. David en sourit.
Nous avons passé une agréable soirée, dans un lieu prestigieux, avec un service parfait qu’on aimerait bien débrider un peu pour secouer la solennité. Mais est-ce opportun ? David aura été un compagnon de route parfait, le chef a montré la maturité de son talent sur des recettes solides et sereines. Ce fut une soirée harmonieuse."
Il y a une expression à la mode de nos aïeux qui me fait sourire car elle revient si souvent : « Il n’y a plus de saisons! ». Qu’importe, car à mes yeux l'année ne se résume plus qu’en deux saisons : celle des asperges et celle des champignons.
A l’approche de l’hiver, ses sports et ses festivités me dépassent un peu, je n’ai toujours qu’une chose en tête et c'est les champignons.
La Champagne est propice aux spores et on aime à pratiquer la mycologie gourmande dans les environs. Plusieurs de nos camarades du Mesnil ont des chasses bien gardées et je tente régulièrement de les convaincre de partager leur butin alléchant, en vain !
Si les champignons sont beaux, nous n’avons peu la culture de la truffe en Champagne ; pourtant nos vins s’y pretent si bien ! Si on voit rarement celles de Bourgogne et du Périgord, plus rares sont celles d'Alba, ce Tuber Magnatum, le Grand, le Puissant.

La saison des truffes blanches d’Alba commence dès fin octobre, mais il se dit qu’elle est au meilleur après un bon coup de froid qui donne des truffes plus dures qu'au mois de novembre.
Notre cher ami Giacolino Gillardi, importateur de nos vins, distributeur et également vigneron dans le Langhe ne vient jamais au Mesnil les mains vides. Nous avons profité de sa présence et de celle du nouveau Préfet régional avec sa femme et son fils, qui est par ailleurs un ami, pour faire une petite soirée en toute simplicité autour de la table à la maison Salon. Le trésor d'Alba gracieusement soutenu par la cuisine de Cédric et Stéphanie Boulhaut du restaurant éponyme du village.

Après l’apéritif au Delamotte Blanc de Blancs accompagné de quelques tuiles au parmesan délicieuses nous nous sommes mis à table avec des clams en coquille sur un beurre au curry doux et léger. Nous avons fait un choix de vins anachronique en imposant un Salon 1988 à ce plat riche en texture et arômes. L’accord est satisfaisant, mais pas transcendant. En revanche, ce choix de vin bénéficie au plat suivant, une brouillade d’œufs recouverte d’une épaisse couche de lamelles de truffe d’Alba. Le ’88 a pris son temps pour respirer et il s’entremêle sensuellement avec les arômes embaumant de la truffe ; l’accord est presque décadent et provoque un semblant d’émotion de culpabilité à savourer quelque chose de si bon. Giacolino a également apporté un Barolo Bricco Rocche 1999 de Ceretto et c’est un trio de charme Truffe, Champagne, Barolo.

Giacolino au travail.
Pour résister, Cédric a joué la sobriété d’un bar aux blettes laissant place au troisième vin, un Salon 1997 qui surprend par sa jeunesse au départ, mais qui se marie parfaitement à l’élégance du plat. Le ’97 est posé et droit, vin et met trouvent leur harmonie.
Trois vins à table, l’arôme de truffe qui envahit la pièce et des discussions qui dérivent sur plusieurs sujets. Au dessert nous avions choisi le Delamotte Rosé, mais suite à quelques échanges sur les millésimes des années soixante-dix et en vue de la suite en cuisine nous optons pour un Salon 1976, dégorgement initial et vieilli sur liège depuis près de vingt ans. Le dessert est un financier merveilleux qui soutient une couche de poires rôties en cube façon duxelle ; il n’y a rien à ajouter, rien à supprimer, la bouteille est en condition parfaite et l’accord est tout simplement symbiotique.
Une vraie partie de plaisir et encore un exemple qui confirme que le Blanc de Blancs à maturité est un accord parfait pour la truffe blanche dans tous ses états.

L'équipe de la soirée
